Arythmie

Sommaire

On parle d'« arythmie cardiaque » quand le cœur ne bat pas à un rythme normal : celui-ci peut être trop lent, trop rapide, ou irrégulier. Il existe de nombreux types d'arythmies à la fréquence et la gravité variable.

Symptômes, causes, traitements… Faisons le point !

Arythmie : qu'est-ce que c'est ?

Normalement, le rythme cardiaque varie entre 60 et 80 battements par minute au repos. Le rythme est régulier. Les battements du cœur sont régis par des décharges électriques émises par le nœud sinusal, le stimulateur naturel du cœur. Celles-ci provoquent la contraction des ventricules et des oreillettes dans un ordre précis, ce qui permet de faire circuler le sang.

Lorsqu'il existe une anomalie de ce rythme cardiaque, on parle d'« arythmie ».

Bon à savoir : chez les sportifs, le muscle cardiaque est puissant. Moins de battements sont nécessaires pour pomper le sang et lui permettre de circuler, c'est pourquoi la fréquence cardiaque est souvent inférieure à 60 battements par minute dans cette population.

Types d'arythmie cardiaque

Le cœur peut battre de manière irrégulière, trop lentement ou encore trop rapidement. Détaillons plusieurs types d'arythmie.

Arythmies au niveau des oreillettes (supraventriculaires)

Il existe de nombreuses arythmies concernant les oreillettes :

  • La fibrillation auriculaire (FA) : c'est une arythmie fréquente, caractérisée par une activité des oreillettes trop rapide et irrégulière (en raison de la présence de tissu cardiaque au niveau des veines pulmonaires de l’oreillette gauche). Leur fonctionnement est donc inefficace, et du sang stagne dans les cavités des oreillettes. Ce sang peut former un caillot qui risque de migrer vers les artères du cerveau et provoquer un accident vasculaire cérébral (AVC).
  • Le flutter auriculaire : l'oreillette se contracte à un rythme supérieur à la normale.
  • La tachycardie paroxystique supraventriculaire : le rythme cardiaque peut être très accéléré, au-delà de 150 battements par minute.
  • Le syndrome de Wolff-Parkinson-White : il s'agit d'une maladie congénitale (avec laquelle on naît), dont le diagnostic est souvent fait chez le jeune adulte.

Arythmies au niveau des ventricules (ventriculaires)

Les arythmies peuvent aussi concerner les oreillettes :

  • La tachycardie ventriculaire : les cavités inférieures du cœur battent trop vite. Le risque peut être vital si la tachycardie empêche le sang d'être pompé efficacement.
  • La fibrillation ventriculaire : le signal électrique commandant la contraction des ventricules est désordonné, les ventricules se contractent rapidement sans efficacité. Il est nécessaire d'utiliser un défibrillateur pour corriger cette anomalie grâce à un choc électrique.

Bon à savoir : certains médicaments peuvent être à l'origine d'arythmies ventriculaires graves à l'image de la dompéridone (Motilium®, Peridys®, Oroperidys®), utilisée comme antiémétique, alors même que son efficacité n'est pas établie (source : Haute Autorité de Santé).

À noter : suite à une annonce de l'ANSM du 28 juin 2019, les médicaments à base de dompéridone (tels que le Motilium® et ses génériques) sont interdits aux moins de 12 ans et aux personnes de moins de 35 kg en raison de leur inefficacité contre les nausées et vomissements, et leur risque cardiaque.

Bradycardie (battements trop lents)

Si le cœur bat trop lentement, son action n'est pas assez efficace pour pomper le sang et le faire circuler en répondant aux besoins de l'organisme. On parle alors de « bradycardie ».
Il existe plusieurs causes de bradycardie, notamment :

  • Les maladies du nœud sinusal : le mauvais fonctionnement du nœud sinusal peut entraîner des arythmies ponctuelles ou permanentes, pouvant nécessiter la pose d'un stimulateur cardiaque.
  • Les blocs cardiaques : normalement un signal électrique est transmis des oreillettes vers les ventricules permettant une contraction coordonnée. En cas de bloc auriculo-ventriculaire, une anomalie de ce signal électrique gêne la coordination des contractions du myocarde (muscle cardiaque).

Arythmie cardiaque : symptômes et diagnostic

Selon le type d'arythmie, les symptômes ainsi que la gravité sont très variables. Certaines sont peu symptomatiques, non graves quand d'autres peuvent être fatales. Les symptômes peuvent être :

  • des palpitations cardiaques ;
  • des malaises, voire des pertes de connaissance ;
  • une fatigue, un essoufflement.

Le médecin pourra suspecter l'arythmie avec les données de l'interrogatoire, mais aussi grâce à l'auscultation et la prise du pouls. Pour en faire le diagnostic formel, des examens complémentaires pourront être prescrits : électrocardiogramme (ECG), Holter-ECG (enregistrement sur 24 h du rythme cardiaque), épreuve d'effort, etc.

Traitements d'une arythmie

Selon le type d'arythmie, les traitements sont différents :

  • des médicaments anti-arythmiques, des anticoagulants ou encore des ralentisseurs du cœur peuvent être utilisés selon la cause identifiée de l'arythmie ;
  • dans certains cas, l'implantation d'un dispositif se justifie : pacemaker ou défibrillateur implantable ;
  • certains types d'arythmie peuvent être traités par radiofréquence, permettant la neutralisation des circuits électriques anormaux du cœur.

Parmi les traitements de la fibrillation auriculaire figure l’ablation par l’électroporation qui est une technique récente. Elle utilise des micro-chocs électriques de haut voltage (plus de 2000 volts) pour ouvrir des pores à l’échelle nanométrique dans les membranes des cellules cardiaques pathologiques.

Ces pros peuvent vous aider